Une histoire de cordée …. au Cervin 4478m

 

Au départ, nous devions avec Georges, Martin et des amis partir faire le splendide et réputé canyon des Oules de Fréssinières le dimanche matin, puis monter au refuge des Ecrins le dimanche après midi puis faire la barre des Écrins par la traversée des arêtes le lundi. La météo était bonne, l’équipe prête et les affaires préparés. Tout collait parfaitement jusqu’au moment où la gardienne du refuge et un ami guide nous déconseillé de marcher sur un glacier à cause de la canicule, et du coup du risque trop important de la chute de pierre, de séracs, des crevasses ouverte et des ponts de neige fragile… notre plan tomba à l’eau.

Puis Paul, un ami alpiniste/canyoneur passa en magasin pour acheter de la nourriture. En discutant de chose et d’autre, il me parlait du sommet duCervin. Le Cervin (Grand’Bèca en arpitan, Cervino en italien, Matterhorn en allemand) est un sommet alpin de 4 478 mètres d’altitude, situé sur la frontière italo-suisse, entre le canton du Valais et la Vallée d’Aoste.
Le Cervin est la montagne la plus connue de Suisse, notamment pour l’aspect pyramidal qu’elle offre depuis le village de Zermatt, dans la partie alémanique du canton du Valais.
Il me proposa de me joindre à eux, lui et Sylvain, pour réaliser cette ascension dès ce week end car les conditions étaient bonne.
Ni une ni deux, pas le temps de réfléchir que nous voilà en train de préparer nos affaires pour partir de Nice en direction de Zermatt.

Le temps de charger les voiture et nous partons à 20h. Nous sommes arrivé à 3h30 du matin à Tasch, village voisin de Zermatt. Le temps de mettre la voiture en mode dortoir pour pouvoir récupérer quelques heures avant de partir de lendemain.

Levé 7h pour aller en direction du refuge de Carrel à 3885m, point de départ de l’ascension du Cervin. Pour cela, il faut prendre 1 train entre Tasch et Zermatt, puis un premier télésiège pour monter au klein Matterhorn ( Le PetitCervin en Allemand ) qui culmine à 3885m. Puis un deuxième télésiège pour descendre en direction de Cervinia, petit village Italien. Nous partons de là à pied pour monter au refuge du Duc des Abruzzes (ou Rionde 2802m), puis à la croix Carrel. Jean-Antoine Carrel était berger, chasseur, paysan et artisan, mais surtout un excellent grimpeur, le premier valdôtain dont l’âme de conquérant des sommets soit devenue légendaire. Il est né le 16 janvier 1829 à Valtournenche, en Vallée d’Aoste, mort le 25 août 1890. C’est un guide de montagne italien, surnommé « le bersaglier », en raison de sa participation aux trois guerres d’indépendance italiennes (1848-1866).

De plan maison jusqu’au refuge Carrel, il faut compter 1300m de dénivelé pour une bonne marche d’approche de 5h. Attention, ce n’est pas que de la marche. il y a déjà plusieurs passage exposé avec des ressaut, portion très raide, coté IV+ en escalade. Dans les parties les plus difficiles, vous y trouverez des clous, des pitons, des relais et des cordes de bateau fixé au rocher. Le rocher est médiocre, il y a une multitude de gens dans la partie basse du chemin pour monter à la croix Carrel. Il faut faire attention de ne pas les par piner, leur envoyer des cailloux sur la tête. L’altitude commence à ce faire ressentir dès que ça grimpe, l’effort est plus intense et le vide est de plus en plus présent. La vue sur les 4 sommets du Mont-Rose ( Nordend 4609m, Dufourspitz 4633m, Zumstein 4563m et Signalkuppe 4556m ) et le sommet du Breithorn 4164m est également très belle

Durant la marche d’approche pour aller au refuge Carrel à 3829m, nous voyons le sommet du Cervin qui est impressionnant avec ses 1000 mètres de face ! Il y a quelques mains courants pour les passages les plus raide. Un bon IV+ des montagnes en grosse chaussures et sacs à dos super lourd. Vu que le refuge n’a pas l’eau potable ni de gaz, nous avons du emporter avec nous 5 litres d’eau chacun, des vivres comme de la nourriture lyophilisé-des barres-un saucisson-du fromage-du pain-de la soupe , le réchaud. De plus, on doit amener des affaires chaudes tel que des polaires, une doudoune, un top thermique, une gore tex, des crampons et piolet, lunettes, un casque, les baudriers avec des dégaines-mousquetons-assureur-friends-sangles-broche à glace-tibloc–ficellou-une corde de 40m, la trousse à pharmacie avec des antalgiques pour l’altitude, les téléphones portable pour les secours, une boussole, une carte Suisse.

Nous avons de la chance, nous arrivons au refuge par beau temps. Les cordées derrières nous arriverons sous la pluie. Le refuge Carrel est un refuge 4 étoiles avec son dortoir de 40 personnes, sa cuisine semi-aménagé, ses tables à manger, ses toilettes extérieurs et une vue imprenable sur Cervinia et ses alentours.

Nous engloutissons notre repas lyophilisé et discutons jusqu’à point d’heure de nos aventures respective. il y a des Cordes, des Italiens, des Suisses, des Autrichiens, des Américains et des coréens.
Nous passons une petite nuit au refuge avec 30 ronfleurs, un peu fraîche mais bien agréable à 3829m. On entend la pluie tombé toute la nuit. Paul se lève toutes le heures pour voir si l’ascension est possible.

Levé 3h du mat à la frontale. il y a 2 guides qui décident de redescendre avec leur client car les conditions ne sont pas bonnes. le cailloux est trempé au refuge, ce qui indique qu’il est givré plus haut, la météo est bouchée. Nous hésitons un moment…. Et puis non, on est pas arrivé jusque là pour descendre. On décide d’engager la montée et de voir au fur et à mesure les conditions. Et nous avons eu raison de persévérer, le ciel se dégage et nous offre une belle nuit étoilé, un petit vent se lève et sèche le cailloux. Plusieurs cordées se préparent derrière nous. Juste le temps de boire un thé et hop on démarre l’ascension.

Après 2 heures d’ascension, nous arrivons sur des dalles de cailloux empilé, gelé et glissant. nous sommes obligé de mettre les crampons car il y a du givre de partout. Derrière nous se trouve la Dent d’Hérens 4171m. On entend des chutes de Séracs tout au long de la montée, ça fait le bruit d’on tonnerre.

Les guides locaux ont même dit que les conditions n’étaient pas terrible. Il est difficile d’attraper les prises avec cette glace. L’arête est bien effilé, avec du vide de partout, des cailloux instables…le tout en corde tendu. Il est 6 heures du matin, ça ne s’arrête jamais, il y a 600m à grimper sur ce givre. On avance difficilement et il est pas aisé de placer des protections sur le rocher pour s’assurer. Une chance qu’il y a pas mal de clous déjà en place sur la voie. Il y a quelques mains courantes pour les passages les plus dures.
Il est 10h30, le soleil sort le bout de son nez. Il nous réchauffe et fait du bien au moral des troupes.. Quelques passages délicats mais toujours bien protégé. Le vide est toujours omniprésent.


Levé de soleil sur toute la vallée et les sommets environnants. Magnifique !
Dernière difficulté avant le sommet : arête très raide avec désescalade délicate sur rocher glacé, puis quelques cordes fixe et échelle déversant.

Arrivé au sommet du Cervin 4478m à 11h. Heureux, fatigué et épanouis de ce panorama à couper le souffle !! Quelle aventure. Mais ce n’est pas fini, il est bien indiqué dans le topo que la descente est longue, technique et sans fin.

On voit le refuge presque dès le départ de l’arête, on a tendance à ce dire : ” Facile, il reste 2/3 heures et c’est fait”. Pas du tout, il faut compter bien 6 heures de désescalades pas évidente dans le IV+. il faut rester concentré.Quelques cordes fixes au départ. Rocher péteux !!! Attention au chute de pierre. C’est raide mais il y a les cordes en place. Merci Sylvain pour l’assurage du haut. Chapeau à lui car il a tout descendu sans contre assurage. On voit le refuge au loin, mais il reste encore beaucoup à descendre, sur cette arête raide avec du vide de partout. On passe devant le petit refuge Solvay, un des refuges les plus hauts dans la zone des Alpes Suisses. Situé à près de 4 000 mètres d’altitude sur le Cervin, ce refuge a sauvé de nombreuses vies depuis sa construction en 1916. Si les lieux semblent modestes, il offre un spectacle éblouissant à tous les voyageurs venus s’aventurer dans ces montagnes alpines

Depuis ce refuge, il reste encore 400m à désescalader sur les arêtes. Nos corps sont bien fatigué et déshydraté. Nous sommes 3 cordées à se suivre pour la descente, toujours vigilant de ne pas faire tomber des pierres sur les camarades.

Arrivée au refuge à 18h, après 14h de course. Quelle ampleurs !!! nous n’avions plus d’eau depuis 2 heures. une bonne grosse bière nous rafraîchi, avec le Cervin comme vu du balcon du refuge de Hörnlihütte à 3200m.

il reste encore 1600m de dénivelé négatif à descendre pour arrivé à Zermatt à 1616m. On enlève le baudrier, quel bonheur cette course.
En 3 heures, un sentier balisé nous ramène à Zermatt avec leur petit chalet en bois.
Il est 21h, il est temps de rentrer à Nice, plus que 6 heure de route. On arrive à Nice à 3h30, Sylvain travail à 7h ! juste le temps de se reposer et de rêver encore une fois de ce sommet mythique.